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  LES PARRAINS DE BAPTÊME  


Communiqués de la Chancellerie

Peut-on avoir deux marraines au baptême?

NON. La législation de l'Église est claire: un seul parrain ou une seule marraine, ou bien aussi un parrain et une marraine seront donnés à la personne qui va être baptisée. Par ailleurs, l'attribution d'un parrain ou d'une marraine, bien que fortement recommandée, n'est pas obligatoire pour la célébration d'un baptême valide. Ainsi, on peut baptiser sans parrain ou marraine. On ne peut donc pas avoir deux parrains ou marraines de même sexe à un baptême. Ce genre de parrainage n'est pas prévu par le droit de l'Église, de même qu'il ne fait pas partie de sa tradition. L'Église considère que c'est un abus, lequel a même été réprouvé par quelques conciles. Cette situation est aussi en contradiction avec l'image parentale (père et mère spirituels) que veut donner le parrainage au baptême.

Dans la pratique, l'Église favorise d'abord la tradition d'un parrain et d'une marraine au baptême. C'est la coutume et la politique au Québec. Cependant, l'option d'un seul parrain ou d'une seule marraine est tout aussi acceptable et la personne ainsi désignée signe seule dans le registre avec les parents et le ministre. En cas de nécessité, on peut aussi baptiser sans parrain ni marraine; seuls signeront alors dans le registre les parents et le ministre.

Certains opposeront le fait que des baptêmes sont parfois célébrés avec deux marraines: c'est vrai. Mais ces abus sont commis par méconnaissance de la législation de l'Église et, même s'ils n'affectent pas la validité du baptême, ils doivent être réprouvés.

Cliquez ici pour plus de détails sur ce sujet.


Peut-on changer de parrain et de marraine après le baptême?

NON. Des parents peuvent estimer que le parrain et la marraine ne remplissent plus correctement leur rôle, après le baptême, pour diverses raisons: conflits familiaux, rupture avec la belle-famille suite à une séparation ou un divorce, changement de religion du parrain, indignité quelconque (parrain devenu criminel ou drogué, par exemple), etc., le cas limite étant le décès. On voudrait alors faire changer dans le registre le parrain ou la marraine de baptême de son enfant.

Tout d'abord, il faut dire qu'un remplacement pur et simple du parrain ou de la marraine par quelqu'un d'autre n'est pas possible, étant donné qu'il s'agit des personnes qui ont été physiquement présente au baptême et qui ont signé dans le registre. C'est là un fait juridique et historique que l'on ne peut changer. Mais si, pour le bien de l'enfant, on ressent la nécessité d'un nouveau parrain et d'une nouvelle marraine, les parents peuvent très bien désigner des personnes qui accompliront cette fonction dans les faits sans qu'on ait besoin de les inscrire dans un registre. L'une de ces personnes pourrait aussi devenir le parrain ou la marraine de confirmation et figurer alors comme tel dans le registre des confirmations.

Précisons aussi que les parrains et marraines n'ont pas d'existence légale sur le plan civil. Il s'agit d'une fonction purement religieuse de représentant de la communauté et d'aide aux parents dans l'éducation de la foi de leur enfant. On n'a donc pas à s'inquiéter de cette ancienne coutume québécoise, aujourd'hui abandonnée, de confier automatiquement les enfants au parrain et à la marraine dans le cas de la mort des parents. C'est maintenant le tribunal qui confie la garde des enfants à des tuteurs de son choix, après avoir consulté la famille.

On conseille donc aux parents qui vont faire baptiser de toujours veiller à faire un choix judicieux et éclairé du parrain et de la marraine de leur enfant pour ne pas avoir à le regretter plus tard...


Un jeune de 11 ou 12 ans peut-il être parrain de baptême?

Cette question équivaut à demander: qui peut être parrain ou marraine de baptême?

La législation de l'Église répond à cette question. Pour qu'une personne soit admise à remplir la fonction de parrain ou de marraine, il faut d'abord qu'elle soit catholique et qu'elle ait les aptitudes et l'intention de remplir cette fonction. Il faut aussi, entre autres choses, qu'elle ait seize ans accomplis, à moins que le curé ou le prêtre célébrant estime, par exception et pour une juste cause, pouvoir admettre quelqu'un de plus jeune. Il faut qu'elle ait fait sa première communion et qu'elle soit confirmée. Il faut qu'elle mène une vie cohérente avec la foi et avec la fonction qu'elle va assumer. De plus, on ne peut pas admettre comme parrain ou marraine un baptisé qui n'est pas catholique; mais le Code de droit canonique prévoit que cette personne peut être présente avec un parrain ou une marraine catholique de sexe opposé en tant que témoin du baptême. C'est à ce titre qu'elle peut alors signer dans le registre. Un non-baptisé ne peut jamais être parrain ni témoin.

C'est donc dire qu'un jeune de 11 ou 12 ans peut difficilement être parrain de baptême, car il n'a pas l'âge requis et n'est habituellement pas encore confirmé. Pour que le curé l'accepte comme parrain, il faut qu'il estime que ce jeune a les aptitudes requises, qu'il mène une vie cohérente avec la foi catholique et avec la fonction qu'il va assumer (c'est-à-dire, par exemple, qu'il soit pratiquant) et qu'il soit confirmé. Quand un jeune non confirmé répond aux diverses conditions exigées par le droit, qu'il est en préparation à sa confirmation et que cette célébration est toute proche, le curé peut adresser une demande à l'évêque pour qu'une exception soit faite dans ce cas. L'évêque pourra éventuellement accorder une dispense pour que le jeune soit admis à la fonction de parrain sans être confirmé. Mais ce cas est plutôt rare.

Yves-Marie Mélançon, prêtre, chancelier,
le 9 novembre 1999


Politique diocésaine

Le choix par les parents des parrains et marraines de baptême laisse souvent à désirer : on nous présente parfois pour cette fonction ecclésiale des non-croyants ou des non-catholiques, en passant par les personnes non confirmées qui sont de plus en plus nombreuses. Même si la présence de ces personnes n'affecte pas la validité du baptême, on peut s'interroger sur le sens du geste, car elles ne sont pas validement parrains ou marraines. Quand ces cas sont portés à la connaissance des autorités diocésaines, nous devons faire corriger le registre de baptême et rayer le nom du « parrain » ou de la « marraine » en cause en précisant, en annotation marginale, que la personne n'avait pas les qualités requises par le droit pour assumer validement cette fonction.

Il nous faut donc faire preuve de vigilance dans l'acceptation des parrains ou marraines choisis par les parents. D'une part, informer davantage sur les conditions requises pour pouvoir assumer cette tâche ecclésiale. D'autre part, avoir des preuves de la qualification de la personne choisie avant de l'accepter. Dans plusieurs diocèses, on exige des parrains/marraines (de baptême ou de confirmation) une lettre de recommandation ou un certificat de baptême et de confirmation. Il est opportun d'avoir désormais une exigence semblable dans le diocèse de Rimouski.

La politique diocésaine, déterminée par le Conseil presbytéral le 9 mars 2009, consiste donc à exiger des futurs parrains et marraines une preuve de leur baptême et de leur confirmation. Ceci peut se faire par la présentation d'un certificat ou d'un extrait des registres quand les gens ne sont pas connus personnellement du curé ou du ministre célébrant et qu'ils ne sont pas originaires de la paroisse où a lieu le baptême. Quand ils ont été baptisés dans la paroisse où sera célébré le baptême, un document écrit n'est pas requis, car on peut aller vérifier directement dans les registres.

Yves-Marie Mélançon, prêtre, chancelier,
le 17 mars 2009