VOUS SEREZ MES TÉMOINS !![]() Vol. 27, no 3, mars 2003AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO :Avance au large… sous le Souffle de l'Esprit ! :
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LITANIES À LA VIERGE MARIE
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous.
Honneur et gloire d'Israël, prie pour nous.
Aurore des temps nouveaux, prie pour nous.
Épouse de Joseph, prie pour nous.
Comblée de grâce, prie pour nous.
Chantre des merveilles de Dieu, prie pour nous.
Temple vivant du Verbe éternel, prie pour nous.
Mère de l'Emmanuel, prie pour nous.
Accueil des pauvres et des petits, prie pour nous.
Cœur de silence et de prière, prie pour nous.
Disciple fidèle du Seigneur, prie pour nous.
Joie des noces de l'Alliance, prie pour nous.
Terre fécondée par la Parole, prie pour nous.
Cœur transpercé de douleur, prie pour nous.
Mère des disciples, prie pour nous.
Étoile dans la nuit, prie pour nous.
Mère de l'Église, prie pour nous.
Dans nos souffrances, soutiens-nous.
Dans nos doutes, éclaire-nous.
Dans nos maladies, soulage-nous.
De nos blessures, guéris-nous.
De nos peurs, libère-nous.
Pour notre Saint Père, nous te prions.
Pour les jeunes que Dieu appelle
à servir dans l'Église, nous te prions.
Pour notre communauté chrétienne, nous te prions.
Pour tous les membres de nos familles, nous te prions.
Pour la paix sur notre terre, nous te pions.
Sous ta garde, nous nous réfugions,
Sainte Mère Dieu.
Ne méprise pas nos prières dans nos besoins,
mais de tout danger, délivre-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie. Amen !
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Lors du grand Jubilé de l'an 2000, sous la vigoureuse impulsion de Jean-Paul II, nous avons pris conscience que le XXe siècle avait été un temps de grâce exceptionnel pour l'Église. Certes, il fut rempli de guerres atroces et de drames déplorables, mais il produisit un lot impressionnant de martyrs, de témoins extraordinaires de la foi, d'apôtres au coeur brûlants d'amour et d'événements qui contribuèrent à donner une nouvelle vigueur au Peuple de Dieu; pensons aux renouveaux biblique, liturgique et catéchétique confirmés par le concile oecuménique Vatican II; n'oublions surtout pas le Renouveau charismatique dont l'Esprit combla l'Église deux ans après la clôture du concile.
Le cadeau du Seigneur à l'Église dans le Renouveau, c'est le baptême dans l'Esprit, ce qu'on a convenu d'appeler " effusion de l'Esprit " pour éviter toute confusion. Car il ne s'agit nullement d'un nouveau sacrement, mais plutôt d'une grâce personnelle qu'on accueille en Église. On s'approprie alors les trésors mis à la disposition de chacun lors de son initiation chrétienne, soit d'abord à son baptême, mais également à sa confirmation et à sa première communion. Combien de gens les ont reçus sans en être conscients ou par conformisme? L'effusion de l'Esprit vient réveiller les fruits de mon baptême et de ma participation à l'Eucharistie. Comme Jacob, je découvre tout étonné : " Dieu était là, et je ne le savais pas " (Gn 28,16). Comme pour Paul à Damas, des écailles me tombent des yeux et il m'apparaît hors de tout doute que Dieu m'aime infiniment, que Jésus est Vivant et Seigneur de ma vie, que son Esprit habite en moi et veut agir en moi pour le Salut du monde.
Après que Jean ait plongé Jésus dans le Jourdain, l'Esprit du Seigneur vint sur lui et y demeura jusqu'au Calvaire. Lors de mon baptême, après avoir versé l'eau et avant l'onction avec le saint-chrême, le ministre m'a dit : " Désormais,…tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi ". Ces trois titres de Jésus ne lui sont pas donnés au hasard. Ils expriment trois aspects de sa mission. Jésus reçut alors une onction royale par laquelle il se trouve habilité à lutter contre Satan et les forces du mal. Immédiatement, l'Esprit le pousse au désert pour y être tenté (Mc 1,12). Investi d'une onction prophétique, le Maître se voit poussé à porter aux pauvres la Bonne Nouvelle de l'Évangile. A la synagogue de Nazareth, il proclame un oracle d'Isaïe et se l'applique textuellement (Lc 4,18). Enfin Jésus reçoit une onction sacerdotale qui le porte à la prière : Luc rapporte que l'Esprit fit tressaillir de joie Jésus qui s'écria : " Je te bénis, Père… " (Lc 10,21). De fait, Jésus s'adresse au Père et lui présente son sacrifice au Calvaire; il prie et s'offre non pour lui-même mais pour ses frères et ses soeurs en humanité.
Comme baptisés, nous participons à cette triple onction reçue par Jésus : " Le Seigneur Jésus, que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde (Jn 10,36), fait participer tout son corps mystique à l'onction qu'il a reçue. " (Ministère et vie des prêtres, 1,2) Notre Chantier diocésain, en dégageant trois voies de la pastorale, retient dans des mots différents, les trois fonctions pour lesquelles nous sommes unis au Christ. Il s'inscrit dans la ligne du nouveau Code de droit canonique qui déclare : " Les fidèles du Christ sont ceux qui, en tant qu'incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l'Église pour qu'elle l'accomplisse dans le monde. " (Can 204 § 1) La grâce de l'effusion de l'Esprit peut donc être présentée sous trois visages ou trois formes, ce qui en révèle l'étonnante richesse.
UNE GRÂCE ROYALE
Investi de l'Esprit Saint, Jésus affronte Satan au désert et repousse tous ses assauts. Vaincu, le démon prend du recul pour une charge ultime à l'heure de la Passion; il croira avoir réglé son compte à cet opposant d'exception lorsque, mort en croix, Jésus sera déposé au tombeau. Mais la situation bascule complètement au matin de Pâques : ayant accepté sa passion et sa mort par obéissance au Père et par amour des humains, Jésus transforme cet apparent triomphe du démon en victoire suprême de Dieu et en défaite suprême de Satan.
Aux lendemains de Pâques et de la Pentecôte, pour les disciples de Jésus, tout semble continuer comme avant. Le combat se poursuivra jusqu'à la fin du monde, soit jusqu'au retour du Christ pour instaurer définitivement le Royaume de Dieu. Saint Pierre parle du démon comme d'un lion rugissant qui rôde sans trêve, cherchant qui dévorer. Saint Paul nous détaille les armes mis à notre disposition pour le combat spirituel et nomme les puissances des ténèbres qui, dans les airs, mènent la marche du monde. Saint Ignace de Loyola, présente deux armées opposées ayant chacune son étendard et nous presse de rallier celui du Christ.
Aujourd'hui, la plus grande ruse de Satan est de nous faire croire qu'il n'existe pas… Il a dès lors toute latitude pour agir où et quand il le veut. Son pouvoir de mort et sa rage destructrice se sont déchaînés à travers les guerres et révolutions de notre époque; il a multiplié les assauts contre la famille; il s'insinue même dans l'univers des enfants en faisant passer pour un jeu des pratiques spirites comme la table ouija. Face à ces manoeuvres, la première tâche du croyant sera de discerner les esprits, d'appeler les choses par leur nom et de faire la lumière. Ainsi s'amorce un combat avec le Christ pour la Vérité et contre le mensonge, pour la justice et contre l'exploitation, pour le respect des personnes et de l'environnement; car le Royaume de Dieu en est un de fraternité, de paix et de beauté.
UNE GRÂCE PROPHÉTIQUE
L'Esprit qui s'empare de Jésus à son baptême l'accompagnera jusqu'au Calvaire pour qu'il évangélise, porte la Bonne Nouvelle aux pauvres et devienne lumière des nations. Il donne à la parole de Jésus autorité, ce qui la distingue de celle des scribes, et efficacité : quand Jésus parle, il se produit des choses, la tempête s'apaise, le figuier se dessèche, les aveugles voient, les boiteux marchent. Il lui confère aussi son onction propre, empreinte de douceur et de consolation. Jésus a reçu cette force pour qu'il ne " fléchisse pas " (Is 42,4), car sa mission de Serviteur passe par l'opposition, le rejet, la défaite et la mort.
Après la Pentecôte, le souffle prophétique passe par les Apôtres qui portent au monde la Bonne Nouvelle. Comment s'exprime-t-elle? Jésus de Nazareth est mort pour nos péchés et il est ressuscité pour notre justification. " Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton coeur, tu crois que Dieu l'a ressuscité, tu seras sauvé " (Rm 10,9). Voilà l'essentiel de la Bonne Nouvelle : Jésus est Seigneur; il règne sur terre comme au ciel; à travers sa mort et sa résurrection il a établi le Royaume de Dieu; depuis son Ascension, il est exalté au-dessus de tout nom et il siège à la droite du Père. Ce Dieu Père a livré son Fils pour que nous soyons sauvés; le Salut est parvenu jusqu'à nous! Désormais, il n'en tient qu'à nous de l'accueillir et de marcher dans les voies de Jésus.
Jésus est Seigneur; Il règne sur terre comme au ciel; à travers sa mort et sa résurrection il a établi le Royaume de Dieu; depuis son Acension, il est exalté au dessus de tout nom et il siège à la droite du Père.
L'annonce de la Bonne Nouvelle n'expose pas tout du message du Christ; elle se présente comme le glaive de l'Esprit, soit une parole vivante et efficace qui provoque la conversion des gens et la naissance de l'Église. Les charismes sont donnés pour l'appuyer. Par la suite viendront les catéchèses, soit les enseignements sur la morale, l'amour fraternel et la vie en communauté chrétienne.
Être prophète aujourd'hui, c'est avancer et soutenir le point de vue de Dieu et de son envoyé Jésus; ce sera aussi exprimer, à travers ma manière d'être et de vivre, quelque chose que j'ai reçu de Dieu et qui ne peut apparaître que par moi, soit l'image originale de Dieu que je porte en moi-même, cette parole, ce mot d'amour qu'il m'a confié en m'appelant à l'existence; ce sera enfin de proclamer à temps et à contretemps que Jésus est Seigneur, lors de sessions ou de retraites, à l'occasion des fêtes ou de la préparation aux sacrements…
UNE GRACE SACERDOTALE
De même que l'Esprit porte Jésus à la prière, il y pousse l'Église et les fidèles; car le corps et ses membres ne sont rien sans la tête et n'ont avec elle qu'un même agir. Jésus s'est mis très souvent en prière. À côté du Jésus " public " qui enseigne et guérit, les évangiles nous laissent entrevoir un Jésus " privé " qui se retire à l'écart, s'en va dans un lieu désert, de nuit très souvent, pour prier. On rapporte explicitement que Jésus pria lors de son baptême, avant de choisir ses apôtres, au sommet du Thabor et à la dernière Cène. Tenant compte de toutes ces mentions, on découvre un visage contemplatif de Jésus.
L'Esprit Saint est l'âme de la prière de Jésus. Mû par l'Esprit, il s'écrie " Abba! ". " A cette heure même, il tressaillit de joie sous l'action de l'Esprit Saint et il dit : Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre… " (Lc 10,21). Il en va de même pour nous, disciples du Christ : " La preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père! " (Ga 4,6). Quand nous appelons Dieu " Père " et que nous proclamons Jésus comme " Seigneur ", cela ne vient pas de nous mais de l'Esprit en nous. Dans ce même Esprit, Jésus nous a amenés à dire ensemble, par-delà nos particularismes et nos égoïsmes, " Notre Père… "
Dans sa lettre aux Romains, saint Paul écrit que l'Esprit intercède en nous " par des gémissements ineffables " (Rm 8,26). On voit là une mention explicite de la prière ou du chant en langues; je laisse l'Esprit du Seigneur utiliser ma bouche et mes lèvres pour louer, adorer ou demander, spécialement si je ne sais que dire ou me trouve dans une situation complexe. Si je n'ai pas encore reçu ce don, je puis seulement dire après avoir fait silence en moi, : " Esprit-Saint, viens au secours de ma faiblesse et intercède pour moi selon le dessein de Dieu! " On peut même se limiter à s'ouvrir : " Oui, Amen! Oui, Père! Qu'il m'advienne selon ton dessein, selon ta volonté! " Ce Oui, lancé à l'aveuglette, constitue une prière virtuellement infaillible.
Plusieurs déplorent n'avoir plus le goût de prier. Le secret d'un renouveau, d'un renouvellement de la prière, c'est l'Esprit Saint. Ce souffle puissant redonne vie à ma prière devenue aride et sèche. Laissons-le pénétrer tant notre prière personnelle que liturgique; que ce soit de moins en moins nous-mêmes, et de plus en plus l'Esprit qui prie en nous; que notre prière devienne moins active et de plus en plus passive, moins un discours qu'une contemplation.
La prière du chrétien remplit sa journée. Entre elle et l'action, le rapport en sera un de subordination plutôt que de juxtaposition. Cela veut dire qu'au lieu de prier d'abord, puis de passer à l'action sans plus se référer au Seigneur, on lui présente la tâche à accomplir, à l'exemple de Jésus qui va appeler ses apôtres, puis on procède, mais en demeurant toujours sous son regard, quitte à se tourner à nouveau vers lui à l'occasion d'une pause ou d'une difficulté. Ainsi se réalise la consigne de l'Apôtre : " Priez sans cesse! " (1 Th 5,17).
Peuple sacerdotal, nous maintenons la relation entre Dieu et le monde : nous exprimons la louange et l'adoration de la terre et des cieux, nous implorons le pardon des péchés, nous intercédons avec foi pour l'humanité souffrante et nous rendons grâces pour la présence et l'action du Seigneur en notre faveur. Pareille prière sera expression de toute la personne; non seulement fruit de l'intelligence, mais jaillie du coeur, éventuellement chantée, associée à diverses postures du corps, voire à la danse. Elle est menée en Église et s'inscrit dans l'ordre sacramentel : on prie comme baptisés, rappelant au Seigneur le soutien qu'il a promis à ses enfants, aux époux, aux personnes consacrées et à ses prêtres.
Une conviction profonde m'habite : cette grâce du Renouveau est destinée à toute l'Église. Elle déborde déjà largement les groupes de prière. Ceux-ci agissent comme des rampes de lancement au sein de nos communautés. Car l'Esprit renouvelle la face de la terre.
Paul-Émile Vignola, prêtre.
Répondant diocésain.
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