Archidiocèse de Rimouski

L'ART DE CÉLÉBRER
Questions et réponses

Nous répondons ici à des questions qui nous ont été posées sur la pratique liturgique ou, d'une manière générale,
sur l'art de célébrer. Si vous avez des questions de ce genre, vous pouvez nous les adresser à :

Si elles sont d'intérêt public, les réponses pourront être reproduites sur cette page.

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2009-02-19 :

  1/ Dans la célébration d'une ADACE, comment peut-on aménager le RITE DE LA COMMUNION ?
          (aménagement des lieux, place des intervenants, manières de procéder)

Un premier rappel : Le rituel des Assemblées dominicales en attente de célébration eucharistique (ADACE) publié en 1995 par la Commission épiscopale de liturgie de la CECC, dont vous disposez sans doute, demeure pour tous les comités de liturgie un bon outil de référence. Ce rituel propose deux types de célébration : une liturgie de la Parole et une liturgie psalmique. Dans la liturgie de la Parole, le rituel indique que « pour des raisons pastorales valables », on peut insérer le rite de la communion eucharistique après la prière de louange et avant la conclusion de la célébration (Voir Introduction, #11).

Un second rappel : Quand on choisit de tenir une ADACE, on doit tout de suite penser à l'aménagement des lieux. Au rituel, deux lieux sont prévus : celui de la proclamation et celui de la prière. Le lieu de la proclamation demeure l'ambon, qui est toujours réservé à la Parole de Dieu (lectures bibliques, homélie, réflexion ou commentaire sur ces lectures, chant du psaume et prières universelles). Le lieu de la prière est à définir, mais le rituel précise déjà que ce ne sera jamais l'autel ni le siège présidentiel où d'ailleurs personne ne s'assoit, pas même le diacre (Introduction, #17). Autre indication : « Ce lieu sera situé soit dans le sanctuaire, soit devant la nef » (#18). Enfin, quant à l'animation du chant, elle ne se fera ni du lieu de la proclamation ni du lieu de la prière. Ce qu'on suggère, c'est un lieu autre, « visible mais discret » (#20).

A/ Le rituel ne fait cependant pas mention du lieu de la communion. Mais on peut facilement en déduire que ce ne peut être l'autel, puisque, indique encore le rituel, « on veillera à ne rien [y] placer, même pas un cierge » (#21). Enfin, ultime remarque : « Sauf au moment de leurs interventions, tous les ministres prennent place dans la nef » (#19). On peut cependant prévoir une place dans le sanctuaire pour la personne qui préside ou dirige l'assemblée, mais cette place ne sera pas le siège présidentiel.

B/ Dans ce contexte, comment peut donc se dérouler le rite de la communion? Si on part du fait que les ministres de la communion comme tous les autres ministres sont dans la nef, on peut établir qu'après le Notre Père, chanté ou récité, ils se rendent au lieu de la réserve. Dans la plupart de nos églises, ce lieu est le tabernacle de l'ancien maître-autel ou d'un des autels latéraux. La table de ces autels est généralement bien visible de l'assemblée; elle peut donc être utilisée. On n'a donc pas à chercher un autre lieu. (Des cierges pourraient y être placés ou apportés, et allumés le moment venu). Puis, un des ministres de la communion (qui n'est pas la personne qui préside ou dirige l'assemblée) ouvre le tabernacle et en sort le (ou les) ciboires dont on aura besoin. Elle les ouvre. Puis, elle en prend un et se tourne vers l'assemblée. (On ne voit pas pourquoi ici elle montrerait une hostie, comme le fait le prêtre à la messe!). C'est à ce moment-là cependant que la personne qui préside ou dirige la célébration intervient. Du lieu de la prière, elle invite les fidèles à la communion en utilisant une des cinq formules suggérées aux pages 28-29 du rituel. (On aura remarqué qu'avec ces formules elle ne dit pas, comme le prêtre à la messe : « Voici l'Agneau de Dieu... »). Ensuite, un des ministres de la communion donne à communier aux autres ministres de la communion et reçoit de l'un d'entre eux le pain eucharistique. On ne se communie jamais soi-même! Enfin, tous se rendent dans la nef et donnent à communier à l'assemblée, selon la manière habituelle (Rituel, p. 30). C'est là, dans la nef, que communie aussi la personne qui préside ou dirige l'assemblée.

RDes/

  2/ Dans la célébration d'une ADACE, dans quel ordre doivent se dérouler les PROCESSIONS
          d'entrée et de sortie ?

La réponse est simple. Le rituel ne prévoit ni procession d'entrée ni procession de sortie pour les ministres. Mais alors que se passe-t-il?

1/ En ouverture, d'un seul geste de la main, la personne qui anime le chant donne à l'assemblée le signal de se lever. L'assemblée se joint alors à elle pour le chant, qui est un chant d'entrée en célébration. À la fin du chant, la personne qui est désignée pour présider l'assemblée quitte la nef et se rend au lieu de la prière. Tous font alors en même temps qu'elle le signe de la croix (Rituel, p. 5).

2/ En conclusion, tout de suite après l'envoi « Allons dans la paix du Christ » (ou "Allez...", si c'est dit par un diacre) et le répons de l'assemblée « Nous rendons grâce à Dieu », une pièce de musique ou un chant choral peut marquer la fin de la célébration (Rituel, p. 37). L'assemblée se disperse ensuite.

RDes/

2009-03-19 :

  3/ Dans la procession de sortie après la messe, la personne qui aura été lecteur ou lectrice
          doit-elle revenir en portant le Lectionnaire (ou l'Évangéliaire)?

À cette question, je réponds spontanément NON.

Pourquoi? Parce que si on y trouve un sens à l'entrée, on n'en trouve pas nécessairement un à la sortie. À l'entrée, c'est bien clair : tous les ministres s'amènent pour une liturgie de la Parole et de l'Eucharistie avec l'assemblée qui est réunie… Et c'est à partir de ce livre – que ce soit le Lectionnaire ou l'Évangéliaire - que la lectrice ou le lecteur (laïque ou diacre) prêtera sa voix au Christ pour que Lui-même parle à l'assemblée.

Mais j'ai voulu consulter ici le texte de la nouvelle Présentation Générale du Missel Romain (PGMR 2008) et j'y ai découvert qu'on nous demande de placer sur l'ambon, avant la messe, le Lectionnaire (article 118b avec l'art. 128; c'est ce qu'affirmait déjà, on doit le reconnaître, la PGMR de 1974. Le texte se retrouve aux premières pages du Missel d'autel, art. 80b). Nous avons là une première indication que dans la procession d'entrée le Lectionnaire n'aurait pas à être apporté. On ne voit dès lors pas pourquoi on devrait le rapporter à la sortie.

Une distinction est faite par ailleurs entre le Lectionnaire, qui contient toutes les lectures bibliques prévues pour la messe ou pour d'autres célébrations liturgiques (baptême, mariage, funérailles) et l'Évangéliaire, qui ne contient que les passages d'évangiles lus lors des célébrations liturgiques. L'article 120d de la PGMR 2008 se lit comme suit : À la messe sans diacre, dans la procession d'entrée, le lecteur « peut porter l'Évangéliaire en l'élevant un peu, mais non le Lectionnaire ». Plus loin, aux articles 172-173, il est rappelé qu'à la messe avec diacre, celui-ci peut, dans la procession d'entrée, « porter » ou « ne pas porter » l'Évangéliaire. Autrement dit, dans la procession d'entrée, personne n'aurait à porter le Lectionnaire, mais le lecteur ou le diacre pourrait porter ou ne pas porter l'Évangéliaire. Il est précisé par ailleurs que dans une messe présidée par l'évêque, le diacre, après sa proclamation de l'évangile, lui apporte le livre à baiser, puis le dépose « à la crédence ou à un autre endroit digne et convenable » (art, 175). Là non plus, on ne voit pas pourquoi il irait là le chercher là pour la sortie.

Vous aurez remarqué ici la distinction qui est faite entre Lectionnaire et Évangéliaire. Le Lectionnaire est chez nous certes le plus répandu. On le retrouve dans toutes les paroisses, dans toutes nos églises et chapelles. Il tient lieu d'Évangéliaire, puisque c'est à partir de ce livre qu'on va proclamer toutes les lectures y compris le texte de l'évangile. À ma connaissance, il n'y a dans tout le diocèse qu'un seul Évangéliaire, et c'est à la cathédrale. Et encore, on ne l'utilise que rarement, que dans de grands rassemblements présidés par l'évêque, avec un diacre d'office. C'est le cas, par exemple, à la messe chrismale. Enfin, entendons-nous bien ici. Dans ce contexte où pratiquement dans toutes nos célébrations nous n'utilisons qu'un seul livre liturgique, je dirais à propos du Lectionnaire ce qu'on dit à propos de l'Évangéliaire. Ainsi donc, dans une procession d'entrée pour une célébration eucharistique, la lectrice, le lecteur ou le diacre peut porter ou ne pas porter le Lectionnaire. Si on ne le porte pas, on le retrouvera bien sûr placé sur l'ambon avant la célébration. Mais si on le porte, il conviendrait sans doute dans une célébration où il y a un diacre que celui-ci le porte. En ce cas, à son arrivée dans le chœur, celui-ci le déposerait non pas sur l'ambon, mais sur l'autel. Il le reprendrait là pendant le chant de l'Alleluia (cf. PGMR 2008, art. 173, 175).

  4/ Dans une célébration, pour la procession d'entrée, comment la lectrice, le lecteur ou le diacre
          doit-il porter le Lectionnaire ou l'Évangéliaire?

Il faut ici se rappeler que dans nos liturgies, tout déplacement doit être « habité ». Dans une procession solennelle, chaque personne doit donc être bien « présente » à l'action qu'elle accomplit, qu'elle porte la croix, des cierges, le cierge pascal, le Lectionnaire, l'Évangéliaire, l'encensoir, un plat d'encens. Tous ces objets doivent être « montrés »… Pour cela, on doit donc les porter à une certaine hauteur, mais sans toutefois pousser le geste à l'exagération.

Dans une procession, on ne fait jamais entrer à reculons le « corpus » de la croix comme on ne fait jamais entrer à reculons le Livre de la Parole. Dans ce dernier cas, celle ou celui qui le porte le tient à hauteur des yeux… Le dessus du volume (sa couverture) doit être tourné vers l'avant. On tient donc toujours le dos du livre dans sa main droite, la tranche dans sa main gauche. (Voici un moyen mnémotechnique pour le retenir : DD, D pour Dos du livre, D pour main Droite). Quand la procession arrive à l'entrée du chœur, tous s'inclinent, sauf celles et ceux qui tiennent en mains quelque chose. On ne salue jamais quand on porte dans ses mains un objet liturgique. C'est là un principe général, une règle facile à retenir.

À suivre... deux nouvelles questions régulièrement !




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